Tout d'abord, pas d'illusion. Comme la plupart des français, nous sommes issus du monde paysan. Certes, quelques individus ont pu, ici et là : contracter des alliances avantageuses, connaître un essor social différent des autres, vivre parfois des régressions sociales ; qu'importe, nous sommes tous issus des mêmes Bourmancé. Le propos n'est pas ici de se consacrer (pour l'instant) aux branches s'y étant alliées.
Aussi loin que l'on remonte dans la région d'où vient ce patronyme : les confins de l'Anjou et de la Basse-Bretagne ; les gens qui l'ont porté semblent n'avoir jamais vécu en d'autres lieux avant les grandes migrations liées à la Révolution française.
Le lieu le plus ancien semble être ce village des bords de Loire appelé :
Saint Germain Des Prés ; situé non loin de la route (ancienne) qui relie Angers à Nantes. Bien entendu, l'ordonnance de Villers-Cotterêt officialise cette implantation à un moment donné dans les Registres Paroissiaux sans pour autant mettre en évidence que d'autres Bourmancé aient pu vivre ailleurs, rien n'est impossible (quoique les gens étaient beaucoup plus sédentaires puisque liés à leur Seigneur et à sa terre). Puis des installations sur la paroisse de
Champtocé se sont faites ainsi que sur les paroisses environnantes par les mariages. Les hommes apportant leur nom dans le nouvel endroit, les femmes : non ; mais il peut subsister dans les memoires et les registres des porteuses de notre nom de famille.
A vérifier, et sous toutes réserves maintenant, l'origine du nom qui semble être liée à une désignation du statut social et du travail à la terre :
Bour : (venant de Bourg (?)) habitant dans le bourg
Mancé : expression patoisante (la Manse) désignant une grande parcelle de terre (mansée : venant de "main" ... ) faisant partie du domaine seigneurial que la personne (le serf) travaillait et dont le seigneur se réservait les récoltes. Ces gens faisaient partie d'une certaine élite agricole en ce sens qu'ils percevaient une rémunération (en plus de leurs récoltes propres) pour ces tâches ce qui leur assurait un meilleur niveau de vie.
Donc, ce nom a pu désigner ces gens vivant dans le bourg et devant ou pouvant travailler une aussi grande surface de terre. Il est à noter que nombre d'entre eux avaient le statut de laboureur (statut social de compétence reconnue à l'époque) sous l'Ancien Régime. De même, les actes d'Etat-Civil post-révolutionnaires font parfois apparaître les qualités de propriétaires terriens à une époque ou régnait le suffrage censitaire (de là à penser qu'une accumulation de biens liée à cette "typonymie" ait permis une telle évolution ...).
Ce premier travail qui s'étoffera permet de poser un premier regard sur des personnes (une partie de nos ancêtres) vivant à une époque et en des lieux dans lesquels sont passés Gilles de Rais (de Retz) et beaucoup plus tard, les Colonnes Infernales. Ces moments d'histoires sont (peut-être) à rajouter à la mortalité infantile énorme pour expliquer en partie le faible nombre de descendants porteurs du nom : Bourmancé.